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Toulouse | Procès de l’abattoir de Mauléon-Licharre : une action L214 organisée à Toulouse


Les images de l'enquête diffusées dans les rues de Toulouse


©ville de Toulouse
©ville de Toulouse
Les jeudi 29 et vendredi 30 mars prochains au tribunal de grande instance de Pau se tiendra le procès de l'abattoir de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), dont l'association L214 avait révélé les images en mars 2016.

Munis d'écrans diffusant la vidéo de l'enquête et de panneaux d'images d'abattoir, les militants de L214 rappelleront aux Toulousains la violence exercée derrière les murs de cet abattoir qui fait aujourd'hui l'objet d'un procès suite à la plainte de l'association pour maltraitances, sévices graves et actes de cruauté.

A l'occasion de cette action, c'est en particulier le sort des agneaux tués pour Pâques qui sera dénoncé. En raison d'une consommation doublée en cette période et donc de cadences de travail accélérées, les conditions de mise à mort de ces jeunes animaux s'en voient dégradées.

Pour Brigitte Gothière, porte-parole de l'association : « Ces images ont été captées et diffusées pour rendre visible un système violent qui met à mort 3 millions d'animaux chaque jour en France. Elles ont aussi montré que la réglementation dans les abattoirs ne sert qu'à rassurer les consommateurs : elle n'y est même pas appliquée, aggravant encore les souffrances endurées par les animaux. Ce procès doit surtout être l'occasion de soulever notre responsabilité collective, de nous interroger sur la légitimité de continuer à tuer des animaux. »

Mauléon-Licharre : rappel des faits
Après Alès et Le Vigan, ce sont des images de l'abattoir de Mauléon-Licharre, dans les Pyrénées-Atlantiques, que dévoilait l'association L214 en mars 2016. Sur cette période, près de 11 000 agneaux étaient abattus pour les fêtes de Pâques. Dans cet abattoir, pourtant certifié bio, Label Rouge et IGP, on pouvait observer de nombreuses infractions aux règles de protection animale ainsi que des actes de maltraitance : animaux frappés au crochet, étourdis à plusieurs reprises, saignés tardivement ou égorgés en pleine conscience...

Pour l'association L214, l'audience de Mauléon sera l'occasion de faire reconnaître la responsabilité de l'abattoir et de mettre en lumière l'inaction de l'État et des services vétérinaires.

Sans vidéo, pas de procès
Ce procès a lieu grâce aux preuves que constituent les vidéos révélées par L214. L'enquête préliminaire, sous la conduite du Procureur de la République et menée par les services de gendarmerie, a dénombré 195 infractions, parmi lesquelles :
- des mauvais traitements (animaux tirés par les oreilles ou par la toison, usage de l'aiguillon électrique, coups de pied, coups de crochet sur la tête pour assommer, agneau lancé, agneau écartelé) ;
- des pratiques qui accentuent la souffrance des animaux au moment de leur mise à mort (étourdissements ratés, saignées tardives, absence de vérification de l'inconscience avant la saignée, animaux saignés conscients) ; - des structures défaillantes (piège des bovins inadapté pour les veaux, matériel d'étourdissement défaillant) ;
- tromperie du consommateur (utilisation de l'aiguillon électrique sur les animaux, proscrite dans les cahiers des charges des labels mis en avant par l'abattoir).

En 2016, les résultats des contrôles ordonnés par Stéphane Le Foll faisaient état de 80% de chaînes d'abattage présentant des non-conformités, entraînant l'arrêt de plusieurs chaînes d'abattage. Aucun procès ne viendra pourtant sanctionner ces infractions.

Les seuls procès qui ont lieu s'appuient sur des vidéos.
Le contrôle vidéo, porté par le député Olivier Falorni, permettrait que les abattoirs puissent répondre de leurs infractions devant les tribunaux. 85% des Français sont favorables à cette mesure. Emmanuel Macron s'y était engagé pendant la campagne présidentielle. Pourtant, le projet de loi présenté par le gouvernement n'a pas repris cette proposition.

Mauléon et les autres, un problème de société
On demande l'impossible aux ouvriers d'abattoir : tuer avec douceur et respect des êtres qui ne veulent pas mourir, qui résistent autant qu'ils le peuvent. Si les ouvriers doivent répondre de leurs actes, ils n'ont pas à porter la responsabilité de ce système violent. Les différentes enquêtes menées par ailleurs ont montré que la violence des abattoirs s'exerce aussi sur eux.

Pour l'association L214, ce qui doit être interrogé en priorité, c'est notre responsabilité collective en tant que société qui fait naître, exploite et tue chaque jour sans nécessité 3 millions d'êtres sensibles.






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