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Montpellier l l'Agora des Savoirs débute son premier cycle de conférences le 7 novembre


Rendez-vous incontournable des passionnés de la science et de la connaissance, l'Agora des Savoirs entame cette année sa dixième saison, une longévité exceptionnelle pour un cycle de conférences scientifiques destinées au grand public. Pour marquer cette dixième année d'existence, l'Agora des Savoirs propose un premier cycle avec trois invités exceptionnels, des figures majeures du débat intellectuel en France.
Ce premier cycle de conférences débute mercredi 7 novembre 2018 avec une série de sept rencontres liées aux parutions en sciences humaines du moment.


AU PROGRAMME DE CE PREMIER CYCLE, SEPT CONFÉRENCES


1. Mercredi 7 novembre, Pierre Rosanvallon "Notre histoire intellectuelle et politique : 1968- 2018" (Livre paru aux éditions du Seuil).
Comment les enthousiasmes de Mai 68 ont-ils cédé le pas au désarroi des années 1980 et 1990 puis au fatalisme qui, depuis les années 2000, barre notre horizon politique et intellectuel ? Pourquoi la gauche s’est-elle enlisée dans un réalisme d’impuissance ou dans des radicalités de posture, au point de laisser le souverainisme républicain et le national-populisme conquérir les esprits ?
Pierre Rosanvallon se confronte ici à ces questions d’une double manière. En tant qu’historien des idées et philosophe politique, il s’attache à réinscrire les cinquante dernières années dans l’histoire longue du projet moderne d’émancipation, avec ses réalisations, ses promesses non tenues et ses régressions. Mais c’est également en tant qu’acteur et témoin qu’il aborde la lecture rétrospective de la séquence dont Mai 68 a symbolisé l’amorce. Son itinéraire personnel, les entreprises intellectuelles et politiques qui l’ont jalonné et les personnalités qui l’ont accompagné renvoient plus largement à l’histoire de la deuxième gauche, avec laquelle sa trajectoire s’est pratiquement confondue, et, au-delà, à celle de la gauche en général, dont l’agonie actuelle vient de loin.
À travers le retour sincère et lucide sur son cheminement, avec ses idées forces et ses doutes, ses perplexités et ses aveuglements, c’est une histoire politique et intellectuelle du présent que Pierre Rosanvallon retrace, dans des termes qui conduisent à esquisser de nouvelles perspectives à l’idéal d’émancipation.
Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France, où il est titualire de la chaire d'histoire moderne et contemporaine du politique. Il préside la République des Idées (www.repid.com), atelier intellectuel qui publie ses livres en coédition avec les éditions du Seuil. Il dirige également la collection "Les livres du nouveau monde", au Seuil.


2. Mercredi 14 novembre, Virginie Maris "La part sauvage du monde : penser la nature dans l'Anthropocène" (Livre paru aux éditions du Seuil).
La nature n’est pas morte ! Indocile et récalcitrante elle peuple notre imagination et nos paysages. Cette altérité participe à notre liberté ! Il n’y aurait plus sur cette Terre que les humains, leurs productions et leurs déchets. Et si rien de vierge ou de sauvage ne demeure qu’il faille préserver, le temps est venu de prendre pour de bon les commandes d’un système-terre produisant des biens et délivrant des services au bénéfice exclusif de l’humanité.
À rebours de ces appels à la gestion globale du monde, l’ambition de cette conférence est de réhabiliter l’idée d’une nature sauvage caractérisée par son extériorité, son altérité et son autonomie. Reconnaître l’extériorité de la nature, c’est accepter que nous ne sommes pas les créateurs de ce monde que nous partageons avec l’ensemble des vivants. Reconnaître l’altérité de la nature, c’est admettre l’hétérogénéité radicale qui existe entre les affaires humaines et le monde sauvage. Enfin, reconnaître l’autonomie des entités naturelles, c’est penser la façon dont les vivants non-humains constituent leur monde tout comme nous constituons le nôtre et se donner les moyens de respecter et de valoriser ces mondes multiples.
Cette conférence est une invitation à reconsidérer cette nature indocile et récalcitrante qui peuple notre imagination, nos paysages, cette altérité qui finalement participe à notre liberté.
Virginie Maris est philosophe au CNRS et membre du Comité national de la biodiversité. Ses travaux portent sur la biodiversité, le développement durable, l'écoféminisme, les rapports entre économie et environnement. Elle est l'auteure de "Philosophie de la biodiversité. Petite éthique pour une nature en péril" (Buchet / Chastel, 2010) ainsi que "Nature à vendre. Les limites des services écosystémiques" (Quae, 2014).


3. Mercredi 21 novembre, Daniel Cohen "Il faut dire que les temps ont changé... : chronique (fiévreuse) d'une mutation qui inquiète" (Livre paru aux éditions Albin Michel).
Nous sommes en train de comprendre ce qui s’est passé depuis cinquante ans. L’hystérie du monde du travail, la grande protestation des peuples, l’enfermement des nouvelles générations dans une espèce de présent perpétuel, sont les conséquences de l’effondrement d’une civilisation : celle de la société industrielle. L’une après l’autre, les utopies de gauche et de droite se sont fracassées sur une réalité qu’il est désormais possible de désigner par son nom : la société digitale. Elle nous transforme en une série d’informations qu’un logiciel peut traiter à partir de n’importe quel point du globe. Une immense frayeur traverse la société. Le travail à la chaîne d’hier a-t-il laissé la place à la dictature des algorithmes ? Les réseaux sociaux sont-ils le moyen d’un nouveau formatage des esprits ? Par un formidable retour en arrière, les questions de l’ancien monde sont en train de resurgir au cœur du nouveau. Les temps changent, mais vont-ils dans la bonne direction ?
Cette conférence permet de comprendre le désarroi dont le populisme est l’expression. Daniel Cohen y décrypte des événements dont le sens nous échappe parfois, tout en ayant l’ambition de veiller à la défense des valeurs humanistes au nom desquelles le nouveau monde a, aussi, été créé.
Daniel Cohen est Directeur du département d'économie de l'Ecole Normale Supérieure et membre fondateur de l'Ecole d'Economie de Paris. Il a publié de nombreux livres à succès dont "La prospérité du vice" et "Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux". Il a également reçu le Prix du livre d'économie 2000 et 2012.


4. Mercredi 28 novembre, Hervé Le Guyader "L'aventure de la biodiversité : d'Ulysse à Darwin, 3 000 ans d'expéditions naturalistes" (Livre paru aux éditions Belin).
Le concept de biodiversité, aujourd’hui au cœur des préoccupations est le fruit d’une formidable aventure humaine. Depuis l’Antiquité, l’Homme explore « sa » planète. Les animaux ou les végétaux qu’il a rencontrés lors de ses expéditions ne l’ont jamais laissé indifférent. Petit à petit, son regard sur la nature a changé et il a pris conscience de l’importance de répertorier les espèces vivantes, de les étudier, puis, récemment, de les préserver. Hervé Le Guyader nous fait revivre les meilleurs moments de cette saga, depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du XIXe siècle, à travers 32 récits d’expéditions et 240 illustrations couleurs originales.
Le grand public pourra suivre les captivantes aventures au bout du monde de Marco Polo, Cook, La Pérouse ou encore Darwin, et découvrir de multiples facettes biologiques de la biodiversité actuelle ou passée. Il comprendra ainsi qu’un éléphant nain est à la source du mythe du cyclope ou comment le café est arrivé en Europe, découvrira à quoi ressemblait la gigantesque vache de mer aujourd’hui éteinte ou quelle fut la première description d’une curiosité botanique devenue commune, la banane, ou encore quels étaient les ingrédients du chocolat originel...
Hervé Le Guyader est professeur de biologie évolutive à l'université Pierre-et-Marie Curie (Paris VI). Il a dirigé le laboratoire Systématique, Adaptation, Evolution (UMR 7138° et l'école doctorale de la Diversité du vivant. Il est notamment l'auteur, avec Guillaume Lecointre, de "La classification phylogénétique du vivant" (2 tomes, Belin, 4è édition revue et augmentée, 2017).


5. Mercredi 5 décembre, Carole Fritz "L'art de la préhistoire" (Livre paru aux éditions Citadelles et Mazenod).
Alors que les premières manifestations graphiques apparaissent avec Homo sapiens en Afrique du Sud il y a plus de 75 000 ans, l’art figuratif émerge en Europe au début du Paléolithique supérieur, vers – 40 000. Une floraison de manifestations artistiques (objets, grottes, abris sous-roche ornés…) ont été mises au jour dans le monde entier, avec leurs particularités régionales, mais aussi de nombreux traits communs.
Ces témoignages sont un moyen unique d’aborder la pensée de sociétés sans écriture. Animaux, humains, êtres hybrides, signes, ces images peintes, gravées, piquetées, sculptées ou modelées déclinent l’identité d’hommes et de femmes, tous différents dans leur compréhension du monde et dans leur mode de vie, mais si semblables dans leur façon de le rendre tangible.
Archéologue, spécialiste d'art préhistorique, Carole Fritz a dirigé le programme ANR "Préhart" qui est à l'origine du livre "L'Art de la Préhistoire" aux éditions Citadelles & Mazenod. Ses recherches portent sur l'étude de la pensée symbolique chez Homo sapiens sapiens, plus particulièrement dans le domaine de l'art paléolithique (mobilier et pariétal). Chargée de recherches aux CNRS, responsable du Centre de recherche et d'études pour l'art préhistorique (CREAP Cartailhac) à la Maison des sciences de l'homme et de la société de Toulouse (MSHS), Carole Fritz est également directrice de l'équipe de recherche scientifique de l'opération archéologique nationale sur la grotte Chauvet-Pont d'Arc (Ardèche).


6. Mercredi 12 décembre, Pascal Picq "L'intelligence artificielle et les chimpanzés du futur : pour une anthropologie des intelligences" (Livre paru aux éditions Odile Jacob).
Dans Qui va prendre le Pouvoir : les grands singes, les hommes politiques ou les robots, Pascal Picq avait donné cet avertissement : si nous ne sommes pas capables de comprendre les intelligences des grands singes, alors nous serons en mauvaise posture avec les intelligences artificielles. Alors, est-ce que l’humanité est en passe d’être dépassée sur ce qui faisait sa supériorité jusque-là sur les animaux et les machines : l’intelligence ?
Depuis la disparition des derniers Néandertaliens et celle annoncée des grands singes, l’humanité s’est emmurée dans une arrogance lui laissant croire qu’elle avait l’apanage de toutes les intelligences. Ce qu’on appelle « le réveil de l’IA » ébranle cette certitude fondée sur trop d’ignorance. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de comprendre les autres intelligences, animales ou artificielles ? Car il convient d’admettre qu’il n’y a pas une intelligence animale comme il y aurait une intelligence artificielle. Cet essai retrace les fondements des intelligences animales, humaines et artificielles dans une approche évolutionniste. Comment ont-elles émergé ? En quoi diffèrent-elles ? En quoi certaines sont plus performantes pour résoudre tel ou tel problème ? La méconnaissance de l’évolution des intelligences comme de l’invention de l’intelligence artificielle créent incertitudes et inquiétudes. En fait, elles prennent des chemins évolutionnistes inversés. Les machines font plus facilement des choses qui nous semblent compliquées, comme jouer aux échecs ou au jeu de go, qu'elles ne sont capables d’effectuer des actes simples (pour nous), comme marcher et sauter ; c’est le « paradoxe de Moravec ». D’un point de vue évolutionniste, les machines accomplissent plus aisément des tâches ou actions inventées récemment par les hommes que celles apparues au cours de notre évolution.
Pascal Picq est paléoanthropologue. Ses recherches sur l'évolution de l'homme s'intéressent à ses origines comme aux profonds changements anthropologiques en cours. Ses précédents ouvrages parmi lesquels "Qui va prendre le pouvoir? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots" (2017), "Le retour de Madame Néandertal" (2015), "De Darwin à Lévi-Strauss" (2013) ont été de grands succès.


7. Mercredi 19 décembre, Jacques Tassin "Penser comme un arbre" (Livre paru aux éditions Odile Jacob).
Depuis quelques années, dans le sillage d’importantes découvertes scientifiques liées à la communication végétale, une tendance de fond nous incite à prendre l’arbre pour modèle, voire à pénétrer les arcanes de sa « vie secrète ». Mais, au-delà des métaphores et des analogies faciles, que peut-on vraiment espérer de ce nouveau rapprochement avec l’arbre ? Une source d’inspiration, un modèle écologique, la clé d’un nouveau bien-être fait d’ouverture et de partage ? Un écologue passionné nous livre ses réponses empreintes de science, de sagesse et d’un infini respect pour l’arbre : « L’arbre semble vouloir s’adresser aux grands primates irrévérencieux que nous sommes devenus. Des primates aujourd’hui perdus au bord du chemin pour avoir sottement oublié qu’ils vivaient sur la planète des arbres. »
Jacques Tassin. Jacques Tassin est chercheur en écologie végétale au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Il a publié plusieurs livres sur le lien entre l'homme et les plantes.





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